Endométriose, sexualité et traumatismes : quand le corps raconte une histoire
Avant, on disait aux femmes que c’était normal de souffrir pendant leurs règles.
Puis, l’endométriose a été considérée longtemps comme une maladie exclusivement gynécologique.
Aujourd’hui, nous savons qu’elle est bien plus complexe. Elle touche le corps, bien sûr, mais aussi le système nerveux, la vie émotionnelle, les relations de couple et la sexualité.
Nous savons que les douleurs ne sont pas normales.
J’accompagne cette problématique depuis 8 ans. Ça a été aussi mon parcours personnel avec un « combat » contre les douleurs de mes 12 ans à mes 26 ans.
On ne peut pas penser qu’il faut juste étouffer les symptômes, supprimer la douleur, il y a aussi un vrai travail à faire sur la sexualité, l’image de soi, le rapport à sa féminité et la libération des traumas.
Quand la sexualité devient douloureuse
Environ deux femmes sur trois atteintes d’endométriose rapportent des douleurs pendant les rapports sexuels. Certaines positions sont insupportables. Et parfois la pénétration devient inenvisageable. Mais bien souvent ce que j’entend au cabinet c’est que : ce qui est souffrant, c’est l’anticipation.
« J’ai peur d’avoir mal« .
Quand une cliente me rapporte ces mots, je sais qu’elle appréhende la douleur, elle se crispte et ne peut donc pas être connectée à l’envie ou au plaisir de l’instant.
Pour avoir du plaisir sexuel, il faut pouvoir être dans son corps, se ressentir, être détendue et capable de connecter avec son partenaire.
Mais avec l’endométriose, le cerveau apprend à associer sexualité et douleur.
Le corps se prépare alors à se protéger avant même qu’il ne se passe quoi que ce soit : le périnée se contracte, la respiration se bloque, la vigilance augmente.
Ce mécanisme est parfaitement normal. Il s’agit d’une stratégie de protection du système nerveux.
Le rôle du système nerveux
La douleur chronique modifie progressivement le fonctionnement du système nerveux. Celui-ci devient plus sensible, plus réactif, parfois même en état d’alerte quasi permanent.
Cette hypervigilance ne concerne pas uniquement la douleur. Elle influence également le sommeil, le stress, la fatigue, l’humeur et la sexualité.
Certaines femmes disent avoir l’impression que leur corps ne leur appartient plus.
Mais au-delà, il faut avoir conscience que le système nerveux et le corps sont porteurs de nos mémoires traumatiques de femmes. Que ce qui n’est pas traité, pas digéré se transforme en traumatisme et en mémoire corporelle.
Les traumatismes : une réalité à considérer
Toutes les femmes souffrant d’endométriose n’ont pas vécu un traumatisme.
À l’inverse, toutes les femmes ayant vécu un traumatisme ne développeront pas une endométriose.
En revanche, plusieurs études montrent que les femmes ayant subi des violences physiques, psychologiques ou sexuelles présentent davantage de douleurs pelviennes chroniques et un risque plus élevé de développer certaines pathologies gynécologiques.
Et mon expérience clinique m’a apprise que TOUTES les femmes souffrant d’endométriose sont porteuses de mémoires traumatiques, vécues ou héritées.
Le traumatisme ne crée pas directement l’endométriose.
En revanche, il peut influencer la manière dont le système nerveux régule la douleur, la sécurité et les réactions de protection du corps.
Lorsqu’une personne a vécu des expériences où ses limites n’ont pas été respectées, son organisme peut rester longtemps en état d’alerte. Le bassin, le périnée, la respiration et la sexualité deviennent alors des zones particulièrement sensibles.
Quand le corps se protège
Dans mon accompagnement, je rencontre souvent des femmes qui disent :
« J’ai envie d’avoir envie, mais mon corps n’a pas envie. »
« J’aimerais avoir du désir, mais je ne ressens presque plus rien. »
Ces réactions ne sont pas des fatalités.
Le système nerveux privilégie toujours la sécurité avant le plaisir.
Il va donc falloir apprendre à ton corps, qu’il n’y a plus de danger et qu’il peut se relâcher.
Image de soi et féminité
Quand le corps, l’intime, la féminin devient terrain miné, quand on souffre d’une maladie chronique comme l’endométriose. Il est difficile de se sentir femme.
D’apprivoiser la facette de la femme sexuelle, sensuelle. Parce qu’on a mal, qu’on a est fatiguée. Parce qu’on se sent sale. Pas adéquate.
Nos inconscients portent beaucoup de choses qui ne sont pas soutenantes pour la guérison ou pour l’épanouissement du féminin, venir mettre de la lumière sur nos croyances, nos engrammages. Nettoyer et libérer ce qui n’est pas porteur, permet de faire de la place pour laisser émerger la femme qui est là, en dormance sous la souffrance.
Il y a mille manières d’être femme et de se sentir femme. J’ai bien dit « de se sentir femme ». Parce que ce n’est pas une question de faire plus ou différemment, c’est une question de ressentis intérieurs.
Une approche globale
L’endométriose ne se résume pas à une question hormonale ou chirurgicale.
Elle mérite une prise en charge multidisciplinaire, pouvant associer selon les besoins :
-
- un suivi gynécologique ;
-
- une prise en charge de la douleur ;
-
- la kinésithérapie périnéale ;
-
- une alimentation adaptée ;
-
- une activité physique progressive ;
- un accompagnement psychologique ou psychocorporel.
Lorsque la sécurité revient progressivement dans le système nerveux, de nombreuses femmes observent une amélioration de leur qualité de vie : moins de tensions, une sexualité plus sereine, une meilleure connexion à leur corps et davantage de liberté dans leur quotidien.
Retrouver son corps
Guérir ne signifie pas forcément ne plus jamais avoir mal. Guérir, c’est retrouver la capacité d’habiter son corps autrement.
C’est apprendre à écouter ses sensations sans les craindre. C’est redonner au plaisir une place que la douleur avait progressivement occupée.
Le corps n’est pas seulement le lieu où la maladie s’exprime. Il est aussi le lieu où la sécurité, le mouvement et la réparation peuvent renaître.
Concrètement, on fait quoi ?
Au-delà de tout ce qui peut être mis en place sur le plan physique (suivi avec le gynécologue, changement de l’alimentation…), il est nécessaire de venir travailler le plan psycho-émotionnel pour décristalliser les mémories du corps, libérer les traumas, remettre du mouvement et de la vie.
Si tu as apprécié mon approche, tu peux prendre rendez-vous ou me contacter. pour en discuter.